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Deuxième par la taille après l'Amazone, la forêt tropicale humide du bassin du Congo couvre plus de 180 millions d'hectares et s'étend à travers toute la République Démocratique du Congo (RDC), la majorité de la République du Congo, le sud-est du Cameroun, le sud de la République Centrafricaine, le Gabon et la Guinée équatoriale. Cette zone constitue un régulateur vital du climat de toute la région, un puits de carbone d'importance mondiale et une vaste réserve de biodiversité avec plus de 10 000 espèces répertoriées de plantes, 1 000 espèces d'oiseaux et 400 espèces de mammifères, y compris trois des quatre espèces mondiales de grands singes.

On pense que l'Homme habite dans le Bassin du Congo depuis plus de 50 000 ans et la population, essentiellement rurale, y est aujourd'hui estimée à 50 millions d'habitants. Celle-ci comprend environ 700,000 autochtones chasseurs-cueilleurs couramment appelés « Pygmées », la plupart menant encore, au moins partiellement, un mode de vie nomade. La forêt constitue une ressource absolument vitale pour les populations locales ; elle leur apporte nourriture, eau, abri, médicaments tout en représentant un élément essentiel de leur culture et de leur sphère spirituelle. Les autochtones de l'Afrique Centrale n'ont toujours pas de certificat de naissance ou de carte nationale d'identité ; ils ne sont pas représentés dans les institutions publiques et ont un accès très limité à l'éducation formelle, aux prestations de santé et aux autres services nationaux de base.

Apres avoir obtenu leur indépendance, les pays du Bassin du Congo ont maintenu les régimes fonciers coloniaux qui confèrent à l'Etat la propriété de l’ensemble du territoire national. Ceci implique que les communautés locales et autochtones n'ont pratiquement aucun contrôle ou titre légal reconnu sur les territoires qu'elles occupent traditionnellement. Aujourd'hui, une grande partie des forêts de la région a été allouée à titre de concessions à des sociétés forestières et minières, dont la plupart doivent encore renforcer leurs considérations sociales et environnementales.

Bien que les taux de déforestation dans le Bassin du Congo soient inférieurs à ceux d’autres régions, l’ouverture des « forêts-frontière »   est très extensive. Il est très probable que la déforestation s’accélèrera de manière importante dans la région au cours des prochaines décennies. Cependant, dans le bassin du Congo comme ailleurs dans le monde, les initiatives de préservation stricte de l’environnement  ont souvent exclu les populations locales et ont même parfois entraîné leur déplacement forcé, créant ainsi des « espaces vides » qui attirent les braconniers professionnels et les exploitants forestiers illégaux.

La Rainforest Foundation UK croit que le succès de la conservation des forêts dans le Bassin du Congo dépende du développement des nouvelles approches axées sur les personnes. 



© Rainforest Foundation UK