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Cameroun
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Aperçu Cameroun

Superficie : 475 440 km2

Superficie estimée de forêts : 15 500 000 à 20 600 000 hectares

Population : 18,5 millions

Capitale : Yaoundé

Pays jouissant d'une grande diversité culturelle et environnementale, le Cameroun possède six écosystèmes d'une importance particulière : espaces côtiers et marins, étendues semi-arides, forêts tropicales humides denses, montagnes, savanes boisées tropicales et réseau d’eau douce. Le tiers méridional de ses 500 000 kilomètres carrés étant couvert de forêts tropicales humides, le Cameroun est le second pays d'Afrique (après la République Démocratique du Congo) pour la diversité de ses primates forestiers. Le pays héberge des grands singes et plusieurs des populations les plus concentrées d’éléphants des forêts. Certaines zones de forêt humide et de montagne font partie des 100 zones les plus importantes au monde pour les espèces endémiques d’oiseaux, hébergeant aussi de nombreuses espèces d’amphibiens, de reptiles et de plantes endémiques de cette région.

Près de 75 000 membres des peuples autochtones - les Baka, Bagyeli, Bedzang et Bakola (BBBB ou 4B), couramment appelés « Pygmées » - vivent dans les zones de forêts humides du Cameroun. Comme dans d’autres pays de la région, il n’existe pas de données désagrégées, ni d’indications statistiques précises sur leur situation ou même d’information démographique. Pour un certain nombre de raisons historiques (en particulier en lien avec la colonisation), renforcées par des lois forestières nationales et des plans de zonage forestier inefficaces développés sans consultation avec les communautés, de nombreux peuples autochtones, qui sont traditionnellement des peuples nomades forestiers, ont été contraints de quitter les forêts pour s’installer à la périphérie des villages des agriculteurs bantous. Dans ces conditions, ils y sont plus facilement soumis à l’exploitation, la stigmatisation et la perte de leurs moyens de subsistance et de leur culture. Malgré cette discrimination, les BBBB, qui sont parmi les plus pauvres du Cameroun, font de plus en plus valoir la nécessité de respecter leurs droits, tout en déplorant leur exclusion des processus de prise de décision.

Droits aux terres et aux ressources

Le Code Forestier du Cameroun de 1994 a posé les bases d’un modèle de gestion des forêts fondé sur l’exploitation industrielle du bois et la conservation exclusive de la nature. Il a servi de référence pour une série de lois forestières adoptées après 2002 dans les autres pays de la région, dans le cadre de la restructuration du secteur forestier soutenu par la Banque Mondiale. La valeur ajoutée de ce modèle de gestion forestière pour les communautés locales, comme pour les économies nationales, n’apparaît pas encore clairement. Les conflits liés aux terres et aux ressources sont très fréquents dans la région et la redistribution des richesses (par le biais des recettes fiscales ou de l’aide directe au développement apportée aux communautés) s’effectue au coup par coup. Le manque de bénéfices sociaux est relevé de façon régulière dans les évaluations du développement du secteur forestier au cours de la dernière décennie.

Le concept des  « forêts communautaires » – introduit dans le Bassin du Congo en 1994 par le Code Forestier camerounais – donne un fondement juridique à la gestion communautaire des forêts locales. Cependant, au Cameroun, la capacité des communautés à réclamer et à gérer les terres coutumières nécessaires à leur bien-être a été fortement limitée. Le Plan de zonage des forêts de 1995 a alloué la majorité de la zone forestière aux concessions industrielles d’exploitation du bois et aux aires protégées, ne laissant que les zones souvent dégradées au bord des routes pour en faire des forêts communautaires, dont la superficie maximale ne peut excéder 5 000 hectares pour une période limitée à 25 ans. Le processus d’obtention d’une forêt communautaire étant compliqué et onéreux, il est difficilement entrepris sans assistance extérieure ou sans la participation d’un membre de « l’élite ». En conséquence, la plupart des quelques 200 forêts communautaires créées jusqu’ici empruntent le modèle de concessions forestières de taille réduite  plutôt que d’entériner les pratiques communautaires de gestion forestière. Elles n’ont pas été adaptées aux systèmes coutumiers existants de gestion forestière et de gouvernance locale, ce qui pose un problème particulièrement sérieux pour les peuples autochtones. 

Le gouvernement s'est engagé dans un certain nombre de processus politiques dans les secteurs forestiers, miniers et de la gestion des terres dans le but de réformer un système qui jusqu’ici n’a guère promu le développement économique des populations rurales, mais a plutôt sapé les droits et les moyens de subsistance des communautés. Dans le même temps, les forêts sont sous la pression de nouveaux investissements étrangers pour l'exploitation minière et agricole, et le développement des infrastructures connexes. En 2010, le gouvernement a signé un accord de partenariat volontaire (APV) avec l’Union européenne, qui est actuellement mis en œuvre.



Partenaires et approche

Le Cameroun possède une société civile forte et active. La Rainforest Foundation UK coopère avec des ONG camerounaises depuis plus de 15 ans, dont le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) qui est une ONG nationale très expérimentée dans la promotion des droits des communautés Baka, Bagyeli, Bedzang et Bakola. Le CED assure la coordination de la majorité de nos projets au Cameroun et a été l’une des premières ONG du bassin du Congo à disposer d’un spécialiste en systèmes d’information géographique (SIG) et d’un laboratoire de cartographie. Le CED a joué un rôle important dans la formation des autres ONG et des communautés dans la région. 

Les cartes participatives produites au Cameroun ont été utilisées pour des projets pionniers ayant permis des avancées importantes, notamment l’intégration de ces cartes dans le plan de gestion du parc national de Campo Ma’an, la création de forêts communautaires et la reconnaissance officielle des droits coutumiers de communautés autochtones sur leurs terres (notamment dans le Haut-Nyong et l’Océan).

Les autres ONG qui ont soutenu les travaux de cartographie participative au Cameroun comprennent AAFEBEN, CADDAP, CADER, CEFAID, FODER, ORADER et PERAD. Plusieurs associations Baka et Bagyeli – telles que l’Association des Baka de Lomié (ASBAK), l’Association des Bagyeli de l'Océan (ADEBAGO) et l’Association des Baka (ADEBAKA) –  ont contribué à divers projets, aux échanges avec les communautés et à leur soutien. Toutes ces associations font partie du Réseau Recherche Actions Concertées Pygmée (RACOPy), une plate-forme rassemblant différents acteurs et agissant en tant que coalition pour la défense des droits des peuples autochtones et le renforcement d’un dialogue avec le gouvernement sur les questions autochtones. Pour plus d'informations, contactez le Centre pour l'Environnement et le Développement:

Centre pour l'Environnement et le Développement
B.P 3430 Yaoundé
Tél : +237 222 38 57 / Fax : +237 222 38 59
Email: infos(at)cedcameroun.org
Web: www.cedcameroun.org



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